Le 7-1, pari osé ou génial ?
Fabien Galthié persiste et signe : le banc en 7-1 sera reconduit. Après avoir cartonné contre l’Italie (23-73) et battu l’Irlande avec autorité (27-42), le sélectionneur croit en cette stratégie ultra-dominatrice devant.
6 Nations. Galthié persiste et signe : 7-1, Auradou, Fickou, un XV de France construit pour performer
Mais face à l’Écosse, ce pari pourrait comporter des risques. Si un trois-quarts venait à se blesser rapidement, les solutions de repli seraient limitées. Galthié assume pleinement ce choix dans les colonnes du Midi Olympique :
"On a préparé une composition pour performer, pas en fonction de l’adversaire. C’est une équipe qui vient pour gagner, on ne se fait aucune illusion."
Le banc en 7-1 : une stratégie payante pour Fabien Galthié et les Bleus 💪#SixNationsRugby pic.twitter.com/px3Oakk88a
— Six Nations (FR) (@SixNations_FR) March 12, 2025
Mais sur une « finale » pour le gain du Tournoi, c’est un risque démesuré. On peut effectivement reconnaitre l’efficacité du 7-1 en Irlande, mais elle est à relativiser. Oscar Jegou est entré au centre et Hugo Auradou n’a disputé que quatre petites minutes. Finalement, il n’y a que cinq avants qui ont fait une entrée significative dans le pack.
En ce sens, l’option du 6-2 aurait été plus sécuritaire, d’autant plus avec Gaël Fickou qui revient de blessure au centre.
La France peut-elle éviter un faux pas dans la dernière ligne droite ?
Les Bleus ont une fâcheuse tendance à se saborder au pire moment. On se souvient de la Coupe du Monde 2007 où, après avoir éliminé les All Blacks, ils s’étaient effondrés en demi-finale contre l’Angleterre.
Galthié, qui a connu ces désillusions en tant que joueur, en est conscient :
"On est Latins, c’est dans notre ADN… Parfois, on a du mal à reproduire l’intensité d’un grand match. On doit se méfier de la décompression."
L’Écosse, habituée à jouer les trouble-fêtes, ne fera aucun cadeau. À la France de montrer qu’elle a appris de ses erreurs.
Quelle stratégie adopter ?
L'Écosse est la nation qui tape le moins dans le ballon, elle rend donc moins de munition à ses adversaires. La France à démontrer qu'elle était capable de défendre très fort avec une performance XXL dans ce secteur face à l'Irlande.
Pour autant, faut-il rendre tous les ballons au XV du Chardon et miser sur une excellente défense des Bleus ? Cette stratégie serait risquée tant les Écossais se sont montrés dangereux offensivement.L'occupation sera à coup sûr déterminante, comme souvent. Car ils ont beau être adroits, s'ils les partenaires de Finn Russell jouent dans leurs propres 40 mètres ils n'iront pas bien loin.
La "bulle" était-elle utile ?
Un peu à l'image de ce qui s'est fait pendant le Covid, les Bleus se sont confinés. 48 heures avant le match, ils ont choisi de se mettre au vert à l'hôtel Le Collectionneur. C'est une pratique courante dans le sport de haut-niveau, pour souder le groupe.
Pendant ce temps loin de Marcoussis, les Bleus ont notamment rendu visite à des blessés de guerre aux Invalides.
« Si on prend le temps de les écouter, ils ont des choses extraordinaires à transmettre », a observé Paul Boudehent pour le média RugbyPass.
Ce moment était aussi primordial pour permettre aux joueurs d'arriver frais au Stade de France selon Fabien Galthié :
« Ce soir, on a une réunion avec le corps arbitral qui va nous accompagner ce week-end… donc ça fait une bonne journée de récup’ pour les joueurs. Ça fait partie du rythme qu’on essaie de mettre en place dans la prépa : des phases de concentration intense, mais aussi des moments de détente, de relâchement."
La motivation XXL pour Dupont suffira-t-elle ?
Le capitaine des Bleus, forfait après sa terrible blessure au genou, reste au sein du groupe pour épauler ses coéquipiers. Est-ce que sa présence sera un boost émotionnel ?
"Sa présence nourrit notre motivation et notre détermination", confie Galthié.
Jouer pour Dupont, c’est bien. Mais les Bleus devront d’abord se concentrer sur leur propre jeu pour éviter toute déconvenue. Sa présence pourrait aussi faire peser une pression supplémentaire sur le groupe.
Verdict samedi
Entre les choix stratégiques de Galthié, la gestion de la pression et les attentes individuelles, le XV de France a encore plusieurs défis à relever avant de soulever le trophée. L’Écosse, elle, ne viendra pas en spectatrice.