Le Tournoi des 6 Nations 2025 a confirmé ce que beaucoup pressentaient déjà : Yoram Moefana a changé de dimension. Et à Bordeaux, on ne s’en cache pas. Son entraîneur à l’UBB, Noel McNamara, ne tarit pas d’éloges via le Midi Olympique sur le trois-quarts, désormais installé au centre du XV de France.
« Il est aujourd’hui devenu un joueur "triple menace", comme on dit en Irlande, c’est-à-dire qu’il peut porter le ballon, passer ou jouer au pied… » confie McNamara, admiratif.
Moefana, un autre homme dans le jeu
S’il avait déjà montré de belles promesses lors des saisons précédentes, Moefana a franchi un cap, notamment dans des secteurs souvent moins visibles. « Il a progressé en attaque, surtout dans le jeu sans ballon, pour analyser les situations et pour communiquer », souligne McNamara.
Une lecture du jeu plus fine, une communication plus tranchante, et une capacité à "prendre des photos" du jeu en temps réel pour mieux orienter ses partenaires : le Yoram nouvelle version fait briller l’UBB comme le XV de France.
On l’a vu tout au long du Tournoi, où il s’est imposé comme le numéro 12 indiscutable de l’équipe de France, après une édition 2024 plus timide. Et nombreux sont les observateurs qui partagent cette opinion.
Castres, un tournant symbolique
Mais McNamara retient surtout un moment-clé de la saison : la victoire aux forceps à Castres (3-13). « C’était très dur, avec des conditions de jeu difficiles, et il a réussi à marquer un essai en démontrant toute son intelligence de jeu. » Un geste, aussi, où il est ciblé par deux défenseurs mais parvient à glisser une passe lumineuse à Rohan Janse Van Rensburg.
Ce genre d’action résume la mutation opérée par Moefana. Fini le simple « porteur de piano » qu’on essayait de stopper à deux. Désormais, c’est lui qui joue la partition et fait danser les défenses adverses.
Une pépite de 24 ans… et déjà un leader
À seulement 24 ans, Yoram impressionne par son volume de jeu, sa maturité et son impact défensif. « Il a cette capacité à faire tomber sur la ligne d’avantage, à stopper le momentum… », note McNamara, insistant sur un détail crucial dans le rugby de haut niveau : savoir défendre debout, et frapper juste.
« Beaucoup de monde oublie que Yoram n’a que 24 ans. Il peut jouer à ce niveau-là pendant dix ans et devenir un joueur comme Bundee Aki. »
Une comparaison flatteuse, mais pas dénuée de sens : le duel face à l’Irlande, largement attendu, avait tout d’un passage de témoin. Et vu la trajectoire de l’intéressé, déjà jugé brillant en Bleu, le plus beau reste peut-être à venir. À Bordeaux, on le sait, on le sent. Et on s’en frotte les mains.