Choc au sommet ce samedi à Saint-Denis entre le XV de France et les All Blacks. Forts de leur succès en Angleterre et en Irlande, les Néo-Zélandais ont débarqué à Paris avec la ferme intention de faire la passe de trois. Même objectif côté français avec des Tricolores qui restaient sur deux succès de rang en 2021 puis en 2023, en ouverture de la Coupe du monde.
Pas de round d'observation avec une bonne première séquence des hommes de Galthié, qui ont directement cherché à mettre de la vitesse et à défier les Néo-Zélandais. Une grosse intensité comme on pouvait s'y attendre. Et ce sont les Bleus qui ont marqué les premiers points par Ramos à la 7e sur pénalité.
Une très grosse intensité d'entrée
Mais la réponse a été immédiate sous l'impulsion d'un Ardie Savea qui a mis le feu dans la défense. Un jeu debout et des passes après-contact qui a fait la différence pour la réalisation de Lakai. Loin d'être abattus, les Français ont investi le camp adverse et lancé un ballon porté. Mais ils ont manqué de maitrise, redonné la possession aux Blacks et subi la pression dans leurs 22 mètres. La défense a tenu bon, mais on a senti que la moindre faute pouvait se payer cash. Avec 67 % de possession, la Nouvelle-Zélande a imposé son rythme et poussé les Bleus à effectuer de gros efforts défensifs. L'équipe de France savait à quoi s'attendre. Elle n'a pas été déçue. Un vrai test pour les protégés de Galthié.
Lesquels ont encaissé un second essai par Cam Roigard lorsque ce dernier a vu sa passe pour Dupont intercepté par le demi de mêlée à la 27e (3-14). Il fallait réagir. Et c'est ce qu'on fait les Tricolores en allant défier les Blacks dans l'axe et une très longue séquence menée par les avants. Une avancée qui a débouché sur le premier essai en bleu de Romain Buros après la demi-heure (10-14). Mais que d'efforts pour marquer avant de voir Beauden Barrett ajouter trois nouveaux points au pied (10-17). Seulement sept points de retard au moment de retourner aux vestiaires, un moindre mal compte tenu de la domination des All Blacks dans ce premier acte.
Des Bleus dominés physiquement
Aux citrons, le constat était clair : les Néo-Zélandais sont dominateurs dans les contacts et en conquête. Si les Bleus ne montent pas le curseur dans ce domaine et sur les fondamentaux, l'addition pourrait être salée au coup de sifflet final. Sept points, ce n'est pas insurmontable. A condition de trouver la faille face à une défense très agressive. D'une énorme chevauchée, Meafou a mis les siens dans l'avancée. Une pénaltouche plus tard, c'est le Rochelais Boudehent qui a concrétisé cette très bonne séquence pour égaliser après la transformation de Ramos (17-17). Et comme on pouvait s'y attendre, les Blacks ont à nouveau mis la pression aux Bleus. Mais ces derniers ont tenu bon.
Une défense qui s'est transformée en attaque lorsqu'un ballon mal négocié a été récupéré par Ramos. L'arrière habituel du Stade Toulousain a levé la tête et joué au pied pour la fusée Bielle-Biarrey. Le Bordelais a mis les cannes, déposé Reece et Lienert-Brown, pour récupérer le cuir et donner sept longueurs d'avance à la France (24-17). Les Blacks ont réduit l'écart sur pénalité, Ramos a, lui aussi, logé un l'ovale entre les perches avant l'heure de jeu. Laissant présager d'une fin de match à suspense (27-20).
La passe de trois pour l'équipe de France
Et on n'a pas été déçus. Deux pénalités ont ramené la Nouvelle-Zélande à une longueur, 27 à 26. Il restait cependant dix minutes à jouer. Et l'on sentait que les organismes étaient bien entamés. La moindre faute pourrait être décisive pour la victoire. Et Ramos ne s'est pas fait prier pour engranger trois nouveaux points à la 73e, donnant quatre longueurs d'avance aux Bleus. Mais McKenzie lui a répondu dans la minute (30-29). Dans une fin de match irrespirable, un nouveau coup de pied a vu LBB et Dupont chasser et mettre les Blacks sous pression dans leur camp. Ce même Louis Bielle-Biarrey a bien failli crucifier la Nouvelle-Zélande sur une nouvelle passe au pied de Ramos. Mais l'ovale a fui le Bordelais. C'est au-delà du temps réglementaire que l'équipe de France est allée cherche la victoire en coffrant un ultime ballon. Victoire d'un point, comme un symbole près d'un an après le quart de finale perdu face aux Boks à la Coupe du monde.